Zaventem, opération détention

Exposition

Quand ? A voir tout au long du mois de mars
Où House of Compassion

À quelques mètres de l’aéroport international de Bruxelles – Zaventem, se trouvent le Centre de Rétention 127 bis et le Centre de Transit Caricole.

En Belgique, comme dans tous les autres pays de l’Union européenne, les personnes d’origine étrangère considérées comme « illégales » sur le territoire, faute de papiers adéquats, sont enfermées en vue de leur expulsion. Ces centres, situés près des pistes et loin de l’attention des médias, ont été impliqués dans de nombreux scandales, mais fonctionnent aujourd’hui plus efficacement que jamais.

Un aperçu du système d’expulsion européen, où hommes et femmes se retrouvent piégés dans un cycle, leur vie mise en suspens par une bureaucratie aveugle et inhumaine. Isolés du monde, leurs voix évoquent l’injustice, le désespoir et des formes de torture à la fois physiques et psychologiques.

Une initiative du collectif Getting The Voice Out, qui soutient les luttes dans les centres fermés en faisant entendre les voix des détenus.

Fête de la dignité

Save the date!

Quand ? le samedi 3 mai de 12:30 à 16:00
House of Compassion

Le samedi 3 mai 2025, House of Compassion célèbre la Fête de la Dignité à Bruxelles, une journée placée sous le signe de l’inspiration, de la rencontre et du lien.

Cet événement rassemble des personnes engagées pour un monde plus juste, que ce soit en matière de migration, de lutte contre la pauvreté, d’écologie ou d’égalité des chances.

Sur la Place du Béguinage et au sein de House of Compassion, vous pourrez profiter de musique des Fanfakids, d’art, de discours et de récits captivants. Des stands d’information et des activités pour enfants, comme un château gonflable et un concours de cerfs-volants, seront également proposés afin que chacun puisse y trouver son bonheur.

Laissez-vous inspirer par des rencontres uniques et découvrez comment de petites et grandes actions peuvent faire la différence. Dégustez de délicieux plats et profitez d’une ambiance chaleureuse. C’est l’occasion idéale de rencontrer d’autres personnes partageant votre engagement pour plus d’humanité et de justice. Tout le monde est le bienvenu pour célébrer ensemble et faire le plein d’énergie pour l’avenir.

Pour que cette journée soit une réussite, nous recherchons encore des bénévoles. Vous souhaitez donner un coup de main ? Contactez-nous à nisrine@houseofcompassion.be.

Venez vivre une journée chaleureuse et inspirante et laissez votre espoir se renforcer !

Plus d’infos : Karen Naessens, +32 498 94 43 77, naessens.karen@gmail.com

Qui enfermes-tu ?

Lancement de la campagne 

Quand ? Samedi 5 avril 2025 à 11h
Où ? House of Compassion

Le lancement de la campagne « Qui enfermes-tu ? » aura lieu le samedi 5 avril à House of Compassion, de 11h00 à 13h00. Cette journée mettra l’accent sur les migrations et, en particulier, sur la problématique de la détention des personnes sans titre de séjour dans des centres fermés.

Programme:

11h00 : Introduction par Staf Peeters pour présenter le réseau NRV, l’Année Jubilaire de l’Espérance et la campagne
11h15 : Geneviève Frère de House of Compassion introduira les différents intervenants.
11h20 : Témoignage de Zana Hanafi, activiste pour les droits humains, sur son parcours de migration vers la Belgique / Programme « Change » de JRS Belgium.
11h45 : Pause et interlude musical par Paul Takahashi.
12h00 : Ruben Bruynooghe, avocat de formation, visiteur au centre de transit Caricole et coordinateur de l’équipe de visiteurs de JRS Belgium.
12h15 : Francine Esther Kouablan, MRAX.
12h30 : Échange avec le public.
13h00 : Repas de solidarité auquel vous êtes tous chaleureusement invités.

Une traduction simultanée NL/FR sera prévue.

N’hésitez pas à vous inscrire via le lien : www.houseofcompassion.be/inscription ou par e-mail si le lien ne fonctionne pas.

Découvrez notre rapport annuel

Le rapport annuel a été présenté lors de notre assemblée générale. Il est disponible en ligne (cliquez ci-dessous):

Nous sommes préoccupés

Dans la perspective des prochaines élections européennes, nationales et régionales nous, chrétiens de diverses traditions, sommes profondément préoccupés par les récents développements politiques. Nous, soussignés, souhaitons exprimer ces préoccupations et les partager avec vous.

1 – Nous sommes profondément préoccupés par le fait que le discours d’extrême droite ne se limite plus aux partis extrêmes, mais s’infiltre dans les programmes et les pratiques de presque tous les partis. Il s’agit d’un discours condescendant qui méprise les migrants, les personnes issues de l’immigration et les personnes au bas de l’échelle sociale ou en fait des boucs émissaires.

2-  Nous sommes profondément préoccupés par les programmes et les propositions politiques qui proposent un traitement inégal des personnes issues de l’immigration. Dans ce contexte, nous sommes particulièrement préoccupés par la la tromperie de ‘son propre peuple’ : comme si de meilleures politiques sociales (e.a. en matière de logement social et d’emploi) exigeraient que l’on limite les droits sociaux des personnes issues de l’immigration.
Leur contribution réelle à l’économie est ainsi injustement ignorée, malgré le fait que ces personnes contribuent à l’économie (en exerçant des malgré le fait qu’ils contribuent à l’économie (elles exercent des professions indispensables) et aux finances de l’État (elles paient des impôts et des contributions à la sécurité sociale). De même, nous refusons la suppression des subventions
aux associations de migrants ou aux associations qui donnent une voix légitime aux personnes de culture ou de religion différente.

3-   Nous sommes profondément préoccupés par la coopération et la mise en réseau des partis d’extrême-droite en Europe en vue d’un retour au nationalisme étroit, d’un pouvoir plus autoritaire, d’un nouvel affaiblissement du parlement et l’érosion de l’indépendance de la justice.
Dans ce contexte, nous rejetons la coopération de certains cercles avec des régimes autoritaires qui violent les droits de l’homme et cherchent à diviser l’Europe, à saper les valeurs européennes et à restreindre la liberté d’expression et la liberté de la presse.

4- Nous sommes profondément préoccupés par la façon dont les opinions qui ne sont pas dans la ligne de pensée de l’extrême droite sont combattues.  Nous sommes particulièrement préoccupés par les attaques, les menaces et la diffamation à l’encontre des personnes qui osent élever la voix ou critiquer.
De même, nous rejetons les attaques contre les poètes, les artistes et les musiciens parce que leurs expressions culturelles ne sont pas considérées comme conformes à une culture nationale étroitement définie.

5- Nous sommes préoccupés par l’influence et la propagande des idéologies d’extrême-droite comme la ‘théorie de l’omvolk – le grand remplacement’, qui peuvent donner lieu à des déportations.

6-  Nous sommes préoccupés par le fossé qui se creuse entre les partis politiques et les citoyens. En effet, le problème de notre société n’est pas seulement
l’extrême droite. De plus en plus de citoyens sont mécontents de la façon dont les choses se passent et se sentent abandonnés politiquement. Nous comprenons qu’ils envisagent d’exprimer un vote de protestation en faveur de l’extrême droite. Or, critiquer ces personnes n’a pas de sens. Il faut supprimer les causes du problème. Les partis politiques et les hommes politiques doivent écouter davantage les citoyens et prendre au sérieux leur expérience en tant que citoyens. Ils doivent prendre des mesures concrètes et significatives vers des politiques plus équitables qui prennent en compte les problèmes et les besoins réels de la population.

7- Enfin, nous sommes particulièrement indignés par la façon dont les partis d’extrême-droite se présentent comme les défenseurs d’une soi-disant ‘culture chrétienne’, alors que leur idéologie et leurs pratiques sont en contradiction directe avec l’Evangile.

En partageant ces préoccupations, nous voulons prendre nos responsabilités
et rappeler que l’universalité de la dignité humaine et les fondements de la démocratie sont en jeu. Lors des prochaines élections européennes, nationales et régionales, l’enjeu est en effet de taille : les droits de l’homme, une démocratie fondée sur les droits fondamentaux et la démocratie et le respect de la dignité humaine des migrants, des personnes issues de l’immigration  et de celles qui se trouvent au bas de l’échelle sociale.  De toute urgence, nous demandons à tous nos concitoyens de bien réfléchir avant de voter.  Nous leur conseillons de ne pas tenir compte uniquement des belles promesses électorales, mais aussi et surtout de ce qui est réellement présenté dans les programmes des partis, ainsi qu’à ce qui est réellement voté dans les parlements par les partis et des élus au cours des dernières années.

Dans tout cela, nous demandons que soit prise en compte la vision humaine sous-jacente. Nous demandons instamment que les citoyens décident en conscience de ne jamais donner leur voix à des programmes, des hommes politiques ou des partis dont la vision ou la pratique contribue à l’érosion de la dignité humaine et des valeurs fondamentales de l’Union européenne.

Très concrètement, nous nous adressons à nos co-citoyens chrétiens. Nous les appelons à résister au détournement idéologique des références aux ‘valeurs chrétiennes’ ou à la ‘culture chrétienne’. Nous espérons que le ‘oui’ des chrétiens à l’humanité de Dieu, qu’ils reconnaissent dans le Christ, devienne également un engagement pour une politique juste et humaine.
Concrètement, ce ‘oui’ signifie aussi un ‘non’ aux partis politiques ou aux individus qui s’attaquent aux valeurs fondamentales de l’Evangile. De même, un ‘oui’ qui est un ‘non’ à la criminalisation de la solidarité avec les personnes vulnérables.
Nous invitons les membres d’autres religions et philosophies à suivre leur inspiration pour faire un choix similaire pour l’humanité.
Seule une position courageuse de résistance à l’inhumanité peut permettre d’inverser la tendance politique en ces temps troublés.

Signataires
Daniël Alliët en Marcel Cloet, House of Compassion, Brussel
D.S. Douwe Boelens en Marc Van Tente namens de Oecumenische Overleggroep
Pastores en Predikanten Brussel
Roger Burggraeve, emeritus hoogleraar KU.Leuven
Dirk De Ceulaer, ere-algemeen directeur HUBrussel en Odissee
Peter De Mey, gewoon hoogleraar KU.Leuven
Ria Dereymaeker, vormingsmedewerker vicariaat Brussel
Johan De Tavernier, emeritus hoogleraar KU.Leuven, voorzitter CCV.
Annemie Dillen, gewoon hoogleraar KU.Leuven
Theogène Havugimana Ph.D, directeur Missio
Lieve Herijgers, directeur Broederlijk Delen
Bénédicte Kusendila, bewegingsmedewerker vredesspiritualiteit
Johan Leemans, gewoon hoogleraar KU.Leuven
Katelijne Malfliet, emeritus hoogleraar KU.Leuven
Martijn Steegen, hoofdpastor Universitaire Parochie KU.Leuven
Johan Temmerman, hoogleraar Faculteit voor Protestantse Theologie en
Religiestudies, Brussel
Koen Trappeniers, directeur Welzijnszorg
Ine Van Den Eynde, docent ethiek, Thomas More Hogeschool Kempen
Didier Vanderslycke, maatschappelijk assistent, priester
Toon Vandevelde, emeritus hoogleraar KU.Leuven
Wim Vandewiele, docent KU.Leuven
Johan Verstraeten, emeritus hoogleraar KU.Leuven, voorzitter NRV

Paru (en néerlandais) dans Tertio sous le titre  ‘Menselijke waardigheid staat op het spel
Traduction par House of Compassion

Chacun a droit à un logement décent – rapport de samedi 4 mai 2024

Auteur: S. Geldof —

L’article 3 du Code du logement de Bruxelles stipule que : « TOUTE PERSONNE A DROIT A UN LOGEMENT DÉCENT ».

et pourtant, dans la pratique, ce droit n’est pas respecté pour certains groupes, également appelés les « invisibles » : les sans-papiers, les personnes sortant de prison, les personnes expulsées de leur logement. Ils sont venus témoigner de leurs expériences. Un représentant du Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat (RBDH) était également présent et a réagi.

La Voix des Sans Papiers (VSP) se bat depuis 10 ans pour les droits du premier groupe cible. Les personnes dont la demande d’asile a été refusée n’ont aucun droit : si elles sont lésées, elles ne peuvent pas aller à la police, par exemple. Ce qui les rend évidemment très vulnérables. Et pourtant… depuis la loi Onkelinx de ’93, les communes peuvent réquisitionner des bâtiments vides pour y installer des sans-abri, ce qui est malheureusement rarement le cas. En 10 ans d’existence, VSP a déjà occupé 23 bâtiments, où ils sont à chaque fois expulsés. Pour eux, la régularisation basée sur des critères clairs et permanents est la solution pour sortir de cette situation intenable.

Rock in Squat est un autre collectif qui regroupe une centaine de sans-papiers, dont beaucoup de femmes seules et d’enfants. Ils forment un groupe hétérogène, ce qui fait leur force, expliquent Rim, Nezha et Emmerance. Actuellement, avec le soutien de la municipalité, ils sont hébergés dans un bâtiment de la Kroonlaan, mais ils devront bientôt céder la place à un centre d’accueil de Fedasil. Pour eux aussi, les expulsions et l’absence d’ancrage pèsent très lourd, tant sur le plan pratique (perte de papiers importants, par exemple) que sur le plan mental (les enfants sont arrachés à leur contexte scolaire). Ils demandent une solution durable, de la compassion de la part du peuple belge.

Loïc Manche, du Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat (RBDH), reconnaît que la loi Onkelinx fournit déjà le cadre juridique pour faire valoir le droit au logement et que la régularisation apporterait une solution durable.

Philippe Defeyt est cofondateur de la Plateforme Sortants de Prison, une asbl qui accompagne les sortants de prison dans leur recherche de logement, entre autres. Certains ont heureusement un réseau auquel ils peuvent s’adresser, d’autres pas du tout. Ils constatent dans la pratique que le système pénitentiaire actuel ne les prépare pas vraiment à cette situation. Souvent, ils n’ont pas de carte d’identité valide, on ne leur donne des médicaments que pour trois jours, et il n’est souvent pas clair, jusqu’au dernier moment, si quelqu’un peut être libéré plus tôt. La plateforme dispose de 4 à 5 logements pour l’hébergement temporaire et de 6 bénévoles. L’accompagnement commence idéalement un an à l’avance, afin de pouvoir se faire une idée des besoins de la personne. Plus précisément, ils les guident dans des questions pratiques telles que la signature de contrats avec des fournisseurs et l’accomplissement d’autres démarches administratives. Leur approche est toujours complémentaire aux autres formes d’assistance existantes.

Ils constatent surtout qu’il y a une pénurie de logements pour 1 personne – en effet, après une longue vie en communauté, ils ont envie d’avoir leur propre espace. Il y a une grande pénurie sur le marché et parfois des restrictions supplémentaires s’appliquent à ce groupe cible. Le soutien moral et humain que les bénévoles apportent est inestimable pour la réintégration dans la société !

Tam Blodiau du Front Anti-expulsions nous apprend qu’il existe 3 types d’expulsions : (1) les expulsions judiciaires (11 par jour à Bruxelles) pour arriérés de loyer (2) les expulsions administratives pour non-conformité du logement (3) les résiliations de bail pour cause de rénovation, après quoi le loyer double, voire triple, le rendant de facto inaccessible la personne qui y vivait. Les personnes expulsées peuvent être considérées comme des victimes de violences, c’est très radical, surtout si on est seul. Elles subissent également une forme de violence au tribunal, dans la manière dont elles sont traitées ou décrites. Le Front plaide donc contre les expulsions sans relogement (il faut en moyenne 11 mois pour qu’une personne retrouve un logement stable). Il rappelle également que la part des logements sociaux en Belgique est très inférieure à celle des pays voisins : 7 % contre 18 % en France (où l’on parle de crise) et 30 % aux Pays-Bas. Peut-on, en tant que société, tolérer qu’un droit fondamental comme celui au logement soit de facto dicté par le marché privé ?

De nombreuses personnes ne peuvent plus payer leur loyer. Loïc du RBDH fait référence à la grille des loyers de référence, qui indique si un bien est loué à un prix acceptable. Cependant, celle-ci est établie sur base des loyers effectifs et reflète donc le marché plutôt que de fixer une ligne directrice. Ils demandent une mesure plus correcte (qui ne soit pas dictée par l’offre et la demande). Ils notent également que, dans la jurisprudence relative aux litiges locatifs, il y a moins d’équilibre entre les parties que, par exemple, dans les tribunaux du travail où l’employé et l’employeur sont sur un pied d’égalité.

Lors de la séance de questions, il est suggéré de combiner les luttes sur les différents fronts afin qu’elles se renforcent mutuellement. Notre système social n’est pas vraiment en phase avec la réalité et, dans de nombreux domaines, il est même dysfonctionnel. Il est nécessaire de défendre les droits des invisibles de façon globale. En effet, cette rencontre a donné un aperçu clair du vécu des personnes impliquées et des pistes d’amélioration possibles.

 

Ensuite, tout le monde a pu rejoindre la longue table pour déguster une bonne soupe fraîche, du pain et des garnitures. Les personnes avec ou sans papiers rassemblées autour de la même table, pouvaient échanger leurs impressions et leurs idées.

 

Chacun compte! Compte rendu du 2/3/2023

Auteur: L. Valgaeren —

Le samedi 2 mars a eu lieu la première d’une série de « rencontres » sur le thème de la « Connexion », plus précisément sur le slogan « Parce que tout le monde compte ! L’extrême droite, non merci !

Mark Michiels, coördinateur de Louis-Paul Boon-kring

qui est également actif à Bruxelles, a commencé par donner un bref aperçu de la campagne autour de l’extrême droite. Celle-ci remonte à la fin des années 1990, lorsque le Vlaams Blok s’est fait connaître en présentant la candidature du commissaire De Mol, de Schaerbeek, à Bruxelles. Ce fait a alors déclenché une action de la part de quelque 250 associations qui ont déposé des journaux contre le Vlaams Blok dans les boîtes aux lettres de Bruxelles.

Entre-temps, nous sommes en mars 2024 et le Vlaams Belang atteindrait 28% des électeurs selon de récents sondages. Cette perspective, entre autres, a incité plusieurs organisations à lancer une campagne intitulée « Het verborgen gelaat » (La face cachée). Cette campagne vise à sensibiliser le public aux objectifs cachés de l’extrême droite et à inciter les électeurs à ne pas voter pour les partis extrêmes à l’automne.

Mark Michiels a évoqué, à titre d’exemple, les décisions politiques prises récemment par le gouvernement Meloni en Italie, qui menacent clairement la démocratie dans ce pays et, en particulier, les droits des personnes qui y sont déjà en difficulté.

Si nous ne voulons pas laisser les choses aller aussi loin chez nous et ne pas pousser encore plus dans l’abîme les personnes qui doivent déjà vivre dans des conditions difficiles (par exemple en matière de logement, d’énergie, de travail, de soins de santé), il est urgent d’agir.

Le modèle préconisé par la campagne « La face cachée » est le dialogue : se parler, s’écouter, réfléchir ensemble et éventuellement agir. Pour ce faire, toutes sortes de supports ont été créés, comme un journal, un programme de formation de deux matinées dans différents lieux, un jeu de société et divers projets culturels sont mis en place, notamment avec des poètes.

Le jeu de société a été spécialement conçu pour engager le dialogue avec des personnes ayant des opinions différentes et, dans la mesure du possible, pour faire bouger les choses ensemble. En fait, le jeu a été brièvement testé avec les participants et a donné l’animosité nécessaire à l’événement.

 

Christijn Terlingen, coördinateur de Hart Boven Hard  a présenté ce mouvement. Il se présente depuis 2014 comme un mouvement du peuple, par le peuple et pour le peuple, comme une démocratie de base en quelque sorte. Elle affirme clairement que les choses peuvent être faites différemment dans notre société que par des politiques radicales ou de droite, mais souligne explicitement que cela doit être fait principalement au niveau local et par étapes.

Christijn a répondu par des exemples concrets d’actions locales (prévues), soulignant l’importance d’élargir la lutte sociale, y compris au niveau parlementaire, de faire appel à la créativité des personnes et des associations et de se concentrer sur la diversité du public cible, sans oublier les réfugiés.

Des actions clé de la campagne ‘Het Groot verzet’  (la Grande résistance) : de grandes manifestations, les « actions triangle rouge » (par analogie avec le triangle rouge que certains groupes devaient arborer sous le régime nazi parce qu’ils sortaient des normes sociales dominantes) et le recrutement de « résistants », c’est-à-dire de personnes prêtes à agir contre la menace de l’extrémisme. Entre autres, une grande manifestation anti-discrimination aura lieu le 24 mars prochain à Bruxelles-Central. L’appel est donc aussi : soyez tous là !

Finalement, le livre de Marijke PersooneWiens belang‘ (l’intérêt de qui?) a été présenté, il donne un aperçu clair de certains thèmes clés du programme du parti Vlaams Belang, qui prétend défendre les gens comme vous et moi.  Vous trouverez des informations sur « l’État-providence », qui rédige le programme du parti, qu’est-ce que le « solidarisme », quelles sont les conséquences pour la société civile, etc. Quelles sont les conséquences pour la société civile ? Dans son livre, Persoone propose également de véritables alternatives sociales et donne des exemples de petits actes de résistance. . Il s’agit donc également d’une source d’information pour ceux qui souhaitent participer au débat sur l’extrême droite.

Pour conclure la réunion, une soupe chaude et un repas de pain ont été offerts, ce qui a été très apprécié par toutes les personnes présentes, d’autant plus qu’il ne faisait pas très chaud dans l’église. Encore un grand merci à tous ceux qui ont contribué, tant sur le plan du contenu que sur le plan pratique, à la réussite de cette rencontre !

 

En avant avec la lutte contre la pauvreté ! – compte rendu 3/2/2024

Auteur: L. Valgaeren —

Le samedi 3 février, une rencontre sur le thème « En avant avec la lutte contre la pauvreté ! » s’est déroulée chez House of Compassion. En raison des conditions météorologiques, nous avons déménagé à Het Anker, le restaurant social de la rue Marcq.

Trois orateurs inspirés sont intervenus, chacun nous entraînant à sa manière dans son combat contre la pauvreté.

Memorandum 2024

Christa Matthys (Plateforme Bruxelloise contre la pauvreté) – memorandum 2024 aux décideurs politiques

Elle a surtout parlé du mémorandum que la plate-forme publiera au printemps, en collaboration avec d’autres organisations. Ce document a été élaboré sur la base des contributions des personnes en situation de pauvreté. Ce mémorandum met en avant quatre « fers de lance » qui peuvent être considérés comme des éléments de leurs demandes :

  1. l’ancrage structurel de la participation à la politique des personnes en situation de pauvreté à tous les niveaux ;
  2. leur garantir des services de qualité, tant dans le secteur public que dans le secteur privé, ceci dans un contexte de numérisation généralisée
  3. mieux réguler le marché locatif privé en a) adaptant les loyers aux revenus des locataires potentiels, b) empêchant la spéculation sur le marché locatif et c) luttant contre l’inoccupation ;
  4. réformer le « permis combiné » en l’orientant davantage vers les professions qui constituent un goulot d’étranglement sur le marché du travail, afin que davantage de personnes puissent ainsi obtenir un séjour légal, y compris en Belgique.

Etude sur les MENAS (mineurs étrangers non accompagnés)

Celine Graas  (Forum Bruxelles contre les inégalités)

Elle a résumé les résultats d’une « recherche-action collaborative » qu’elle a menée avec Lelubre Marjorie sur les réfugiés mineurs non accompagnés (NBMV) à Bruxelles. Dans ce type de recherche, les universitaires collaborent avec des personnes du milieu associatif et s’efforcent de transformer les recommandations en actions concrètes.

  1. Elle a qualifié les MENAS de « public errant » qui « erre » à la fois physiquement et psychologiquement et a fait valoir que même si l’on dispose d’un refuge, cela ne résout pas le problème de l’errance. Au contraire ! Selon Céline, il est illusoire d’aborder ce problème sans prendre en compte les besoins primaires de ces jeunes. En effet, ils ont des besoins multiples et imbriqués auxquels la prise en charge doit s’adapter (et non l’inverse !).
  2. Commentant l’offre disponible en Région bruxelloise, elle a soutenu qu’il est essentiel d’entamer une réflexion sur l’accessibilité réelle des différents services et de travailler davantage sur des conditions d’accès à bas seuil et plus flexibles.
  3. Troisièmement, elle a appelé à l’ouverture d’un centre d’hébergement spécial pour les MENAS sans-abri, un centre qui pourrait servir de tampon entre la rue et le réseau de soins plus large, qui pourrait être un lieu d’attachement ou de confiance et un point d’information pour les professionnels et pour les jeunes eux-mêmes

En outre, Céline est impliquée dans un projet d’ouverture d’un tel refuge.

Droits et reconnaissance des sans-abris

Filip Keymeulen (Diognes vzw) est travailleur de rue et l’auteur du livre ‘Alhambra‘ (en néerlandais) ou ‘Coupés du monde‘ (en français).

Pour commencer, il a brièvement décrit DIOGENES, l’organisation pour laquelle il travaille depuis de nombreuses années, et les personnes qu’il rencontre dans le cadre de son travail : ¾ d’entre elles ont un problème d’addiction, 30 à 40 % vivent dans une situation de précarité mentale.

Pour lui, les points douloureux sont principalement les suivants:

  1. Le non-respect du droit « d’être là où l’on est » et de se déplacer librement dans les espaces publics. En d’autres termes, les sans-abri sont ciblés par les forces de l’ordre, notamment par l’interdiction de l’alcool dans les espaces publics et par les amendes de gaz de toutes sortes. En conséquence, ils ne savent pas (plus) où ils peuvent (alors) aller.
  2. La fermeture – de plus en plus fréquente – de services spécifiques pour toxicomanes ou alcooliques dans les hôpitaux bruxellois et les longs délais d’attente pour certains traitements.
  3. Le cynisme rampant dans l’opinion publique – y compris dans les médias ! – dans la manière de penser et de parler des sans-abri et comment cela ajoute en fait à la souffrance individuelle à Bruxelles.

Filip a également mentionné brièvement les comités de quartier dans ce contexte. Conçus comme une forme de participation citoyenne, ces comités présentent toutefois des inégalités ou des déséquilibres. Cela est dû en partie à leur composition : les plus vulnérables, comme les travailleurs du sexe ou les toxicomanes, sont sous-représentés et n’ont donc pas l’occasion de s’attaquer à leurs problèmes « partagés ou communs ».

Sa conclusion générale est la suivante : il y a un sérieux « durcissement » dans l’accessibilité des services publics (CPAS ou hôpitaux) et des initiatives privées (associations de toutes sortes) et, entre autres, à cause de la politique menée autour du statut de résident, « de plus en plus de gens sont détruits à Bruxelles »…

 

Après les interventions, les participants ont eu l’occasion de poser des questions et certains d’entre eux ont fait part de leurs propres expériences en rapport avec les sujets abordés. Ensuite, il y a eu une soupe chaude avec du pain et des sous-entendus, offerts par les employés du HoC, pour lesquels nous les remercions !

 

 

Occasion unique pour échanger avec des réalisateurs de film et de théâtre

Lundi prochain, nous recevons les célèbres réalisateurs de film et de théâtre Michael De Cock et Dorothée Van Den Berghe: une occasion unique pour échanger en direct avec eux.

Si, comme moi, vous rêvez d’une pièce de théâtre sur l’occupation de l’église du Béguinage ou d’un film ou roman sur la lutte des sans-papiers, venez à House of Compassion lundi. Qui sait, ensemble nous pourrons peut-être donner des idées à ces deux personnes magnifiques.

Michael De Cock
En tant que journaliste, Michael De Cock a un jour séjourné dans l’église du béguinage de Bruxelles pour mieux connaître la réalité des sans-papiers. « Ils ne profitent pas de nous, mais nous profitons d’eux », titrait-il à l’époque dans Knack. Son engagement franc s’est ensuite reflété dans son travail artistique. Par exemple, il a fait une tournée en Europe avec une pièce sur les réfugiés dans laquelle il enfermait le public dans un camion. Sous son impulsion en tant que directeur artistique, le Koninklijke Vlaamse Schouwburg (KVS) a programmé des pièces pionnières comme « Mawda« , sur le bambin belge mort d’une balle de la police. C’est également sous son administration que le KVS a pris une orientation claire en accordant plus de place aux minorités, tant dans le public que sur scène. « Seule l’imagination peut nous sauver », estime Michael De Cock, et c’est ce qu’il essaie de faire avec son art.

Dorothée Van Den Berghe
Dorothée Van Den Berghe est une réalisatrice et scénariste bruxelloise. Son travail témoigne également d’un engagement social prononcé. Par exemple, elle a vécu pendant un certain temps dans un squat aux Pays-Bas, une expérience qui l’a inspirée pour le film My Queen Karo. Son film le plus connu, Meisje (fille), a reçu plusieurs prix et nominations.

> Inscrivez-vous dès maintenant à la projection du film Aller/retour suivie par un échange avec Michael De Cock et Dorothée Van Den Berghe : www.houseofcompassion.be/inscription

Vêtements propres – rapport samedi 6/5/2023

Auteur : S. Geldof —

De mai à juin, la Maison de la Compassion se concentre sur l’esclavage contemporain. Au cours de cette veillée, nous nous concentrons sur les conditions de travail dans le secteur textile. 

L’effondrement de l’immeuble Rana Plaza au Bangladesh, dans lequel 1134 ouvriers du textile ont perdu la vie, remonte à 10 ans. Qu’est-ce qui a changé sur le terrain depuis lors ? Et où les choses continuent-elles de mal tourner aujourd’hui ? Et comment pouvons-nous, en tant que consommateurs et organisations du milieu, faire la différence pour améliorer les conditions de travail ?

 

Rana Plaza … plus jamais ça ?

Sanna Abdessalem
Coordinatrice achACT
Plus d’information : achacteurs@achact.be

AchACT est l’homologue de la Schone Kleren Campagne, tous deux membres de ‘Clean Clothes Campaign’, le réseau international d’organisations œuvrant pour les droits des travailleurs de l’habillement dans le monde entier.

À l’occasion du 10e anniversaire de la catastrophe du Rana Plaza au Bangladesh (où 1 138 personnes ont perdu la vie et 2 500 ont été gravement blessées dans l’effondrement d’une usine de confection), les deux organisations ont mené une action dans la rue Neuve à Bruxelles.  

En effet, cette catastrophe est un signe clair d’injustice dans le secteur de l’habillement : les gens travaillent pour un salaire indécent, dans des conditions dangeureuses, quasiment sans protection sociale et sans possibilité de faire valoir leurs droits fondamentaux. L’analyse de ce secteur révèle que le réseau complexe de sous-traitance permet aux donneurs d’ordre et aux bénéficiaires finaux d’échapper à leurs responsabilités.

Quelques observations clés de la catastrophe Rana Plaza: 

  • les travailleurs, principalement des femmes, travaillaient dans des conditions insalubres voire même dangereuses
  • malgré des signes clairs de danger d’effondrement, la plupart des femmes n’ont pas eu le choix de ne pas travailler – en raison de leurs revenus extrêmement faibles et la peur de perdre leur emploi
  • ces travailleurs n’étaient pas représentés par un syndicat 
  • il s’est avéré très difficile de prouver pour quels clients elles travaillaient (les étiquettes des marques de vêtements ont dû être récupérées dans les décombres). 32 marques ont pu être reliées aux usines du Rana Plaza, interpellées sur leur responsabilités, seules 12 ont confirmé s’approvisionner dans l’immeuble.

Que rapportent les campagnes et actions? 

  • il a fallu attendre deux ans de campagne et de mobilisations citoyenne et syndicale avant qu’une indemnisation ne soit versée aux victimes.. Un fonds a été créé, dont les contributions ont été versées sur base volontaire par certaines marques et grandes entreprises qui tirent pourtant d’importants profits de ce secteur. 
  • Suite à l’effondrement du Rana Plaza, un Accord contraignant inédit a vu le jour portant sur les enjeux de sécurité des usines. Aujourd’hui, l’Accord international pour la santé et la sécurité est signé par 195 entreprises, couvre 1500 usines soit 2 millions de travailleurs au Bangladesh, il vient d’être étendu au Pakistan.

Que pouvons-nous faire? 

  • Toutefois, cet Accord reste volontaire et de nombreuses enseignes refusent encore de le signer. Or, près de 4 millions de travailleurs produisent des vêtements au Bangladesh et plusieurs millions à travers le monde. Les efforts de pression restent nécessaires pour que les entreprises s’engagent et respectent les droits des travailleurs. (lisez ici l’info sur comment augmenter la pression.

Les organisations de Clean Clothes Campaign luttent, entre autres, pour une meilleure traçabilité de la responsabilité des entreprises donneuses d’ordre dans ce secteur, notamment en sensibilisant la population, mais aussi en faisant pression sur les entreprises et sur les décideurs politiques pour une meilleure législation contraignant sur le devoir de vigilance.

Législation concernant toute la chaîne de production 

Laura Eliaerts
Chargée de mission au service international ACV
Plus d’information : laura.eliaerts@acv-csc.be

À l’aide de quelques exemples, Laura a souligné qu’il n’y a pas que dans le secteur de l’habillement que le réseau complexe de sous-traitance fait qu’il est très difficile de tenir les entreprises pour responsables, ce qui entraîne l’exploitation et les violations des droits de l’homme : voir par exemple le récent accident sur le chantier d’une école à Anvers ; Tesla, Apple, Microsoft, Dell et d’autres ont été poursuivis en justice par des familles congolaises concernant l’exploitation du lithium ; Borealis ; Delta du Niger : Shell (pollution de l’habitat des populations indigènes). Parfois, des résultats encourageants sont obtenus, par exemple lorsqu’un tribunal ne se contente pas de tenir la filiale locale d’une multinationale pour responsable, mais exige que la société mère garantisse des mesures préventives en matière d’environnement et de droits de l’homme. 

Le concept du devoir de vigilance (Human Rights Due Diligence) est bien développé et impose à l’entreprise d’être vigilante dans tous les aspects de ses activités et de tout mettre en œuvre pour respecter les droits de l’homme. Cela signifie aussi, par exemple, que dans les négociations commerciales, elle doit veiller à ce que la production soit rémunérée équitablement. 

Des lois locales (fédérales) et internationales (européennes) sont en cours d’élaboration, et des groupes d’intérêt tels qu’ACV appellent les législateurs à légiférer de façon effective. Le débat au Parlement fédéral, par exemple, est au point mort depuis un certain temps, depuis le projet de loi 2021… 

On observe également que certaines entreprises lancent des initiatives caritatives sous la bannière de la « responsabilité sociale des entreprises (RSE) » qui, toutefois, ne contribuent pas à s’attaquer aux causes profondes de la pauvreté et de l’injustice. 

Les citoyens peuvent-ils aussi faire quelque chose ? 

L’ACV reconnaît certes le pouvoir d’orientation des consommateurs, mais elle croit surtout à l’impact d’un meilleur cadre législatif. Il veut également éviter que les entreprises, si la législation d’un pays devient plus stricte, ne cherchent simplement leurs fournisseurs dans un autre pays.

Extrait du débat: 

  • la législation se concentre sur les entreprises, mais quelle est la responsabilité des autorités publiques? l’exigence de respect de la chaîne peut être intégrée dans des règles de plus en plus strictes en matière de marchés publics
  • pourquoi y a-t-il encore si peu de progrès, alors que cette question a été soulevée il y a 25 ans ? grâce à une analyse systémique de cette question complexe, d’autres leviers de changement peuvent également être identifiés. Voir Meadows, D. (2015) Thinking in Systems Les 12 leviers de changement sont classés en fonction de leur efficacité, les paramètres d’intervention et la réforme des structures apparaissant plutôt en fin de liste. 
  • La solidarité des travailleurs en Europe peut-elle également contribuer au changement ?
    • En effet, le modèle de la « fast fashion » est de plus en plus remis en question dans le monde des affaires (par exemple au sein des conseils d’administration).
    • lors de la manifestation du 23/4 rue Neuve, un employé d’une entreprise belge a appelé à plus de solidarité avec les collègues étrangers
  • Le prix de revient d’un vêtement n’est-il pas un indicateur du caractère équitable ou non des salaires de ceux qui l’ont fabriqué ? 
    • Le faible prix de revient suggère en effet que des salaires trop bas le rendent possible, mais inversement, il n’est pas vrai qu’un vêtement plus cher garantisse qu’un salaire correct a été payé.
    • la part du prix de revient consacrée à la production est généralement très limitée (moins de 1 %) 

Vous trouverez plus d’informations et d’inspiration dans la brochure  » Mettre fin aux violations des droits de l’homme par les entreprises” – WSM 2019 

Des questions concrètes sur une marque ? voir Fashion Checker