Le droit de vivre en famille

23 septembre 2026

Depuis hier matin, nous accueillons à House of Compassion cinq membres du collectif des familles palestiniennes concernées par le blocage du regroupement familial. Leurs proches disposent pourtant d’un visa belge et d’une autorisation officielle leur permettant de rejoindre leur famille en Belgique. Ces cinq personnes ont entamé une grève de la faim illimitée. Elles sont entourées de leurs soutiens. Une équipe médicale va assurer le suivi régulier de leur état de santé.

Nous ne considérons pas la grève de la faim comme une méthode souhaitable et nous sommes profondément préoccupés par les risques qu’elle comporte. Mais il nous est encore plus difficile de rester inactifs face à la situation dramatique et profondément inhumaine que vivent ces centaines de familles depuis de longs mois. Nous avons estimé qu’il était de notre responsabilité de ne pas nous taire, d’agir et de poser un signe fort. C’est pourquoi nous avons décidé d’accueillir, au sein de House of Compassion, un groupe limité de personnes ayant entamé cette grève de la faim.

Lorsque les familles nous ont contactés, elles l’ont fait car cette église symbolise pour elles un lieu de justice. En tant que klokkenluider (lanceur d’alerte, sonneur de cloches en néérlandais), en tant qu’église qui œuvre pour la justice et la compassion, nous posons aujourd’hui cet acte pour défendre le droit de vivre en famille et nous allons soutenir votre collectif et les centaines de familles qui le composent dans les luttes et les questions qu’il porte autour du respect du droit au regroupement familial.

Nous devons toutes et tous défendre le droit de vivre en famille, qui est attaqué de toutes parts. Le regroupement familial ne consiste pas à « envahir » un pays, contrairement à certains discours qui cherchent à susciter la peur. Il concerne notamment le droit, pour une personne vivant légalement en Belgique, d’être réunie avec son conjoint ou sa conjointe et ses enfants mineurs. Il s’agit d’un droit fondamental : le droit au respect de la vie familiale, mais aussi la protection de l’intérêt supérieur de l’enfant. En tant qu’église, nous prenons clairement position à vos côtés et aux côtés de vos familles.

Bienvenue Aboud! – Welcome Aboud! – Welkom Aboud!

Les 13 étudiants et chercheurs palestiniens qui ont reçu une bourse pour étudier dans des universités belges seront‑ils enfin évacués de Gaza ?
Ils ont des bourses. Ils ont une place dans des universités. Ils ont un avenir qui les attend en Europe. Pourtant, ils restent dans l’impossibilité de quitter Gaza en raison de la décision du gouvernement belge.
Aujourd’hui, le jeune Aboud est arrivé à Bruxelles. Venant de Gaza, il est arrivé avec un message simple mais puissant :
« Comme tous les enfants, j’ai le droit d’apprendre, de rêver et de construire mon avenir — même en étant un géant. Mais derrière mon histoire, il y en a des milliers d’autres : de jeunes Palestiniens qui rêvent eux aussi d’étudier, mais qui n’ont pas la chance de quitter Gaza. Demain, je serai là — pour apprendre, et pour me souvenir de ceux qui attendent encore. Parce que parfois, un visa et une bourse d’études ne suffisent pas. »
À 12h15 aujourd’hui, Aboud est arrivé à la gare de Bruxelles‑Central, où une foule chaleureuse s’est rassemblée pour l’accueillir : saluts, accolades, chocolat et gaufres, avant de marcher ensemble dans les rues de Bruxelles en direction de House of Compassion.
Là, ils sont venus embrasser Sabine, la Géante de la dignité et de la solidarité, qui se tient depuis des années aux côtés des personnes sans papiers, de la justice, des droits humains, du droit à l’éducation et de la possibilité d’une vie meilleure pour chacun.
L’arrivée d’Aboud est un moment de joie, mais aussi un signal d’alarme : qu’en est‑il des 13 étudiants et chercheurs palestiniens qui attendent encore, au péril de leur vie, à Gaza ?
Ils ont des bourses et des documents.
Ils ont des rêves et des diplômes.
Ils ont le droit de poursuivre leurs études, leurs aspirations, et de construire leur avenir en sécurité.
Une bourse ne suffit pas si un étudiant ne peut pas atteindre son université.
Un visa ne suffit pas s’il ne peut pas être utilisé pour quitter Gaza et que ces jeunes restent exposés au génocide.
Anna Lodeserto
Photo : Tristan Sadones
Photos : Stéphane Lagasse

WOOD(S) MUSIC LIVE – Quelques moments forts

WOOD(S) MUSIC LIVE s’est déroulé dans le cadre de l’exposition WOOD(S),
juillet–août 2026 à House of Compassion.
Vidéo : Kristof Degrauwe
Artistes : Nathandaems, Pascalidis, Katrishania, Angelo Moustapha, Gabriel Druetta, Alice Boscq, Cécile Broche, Salih Türkel, Audrey Lauro, Greet Van Laer, Kemal, Clessidra.

Nous ne nous battons pas pour des pierres ou des statues brisées

Cette semaine, dans une colonne du Standaard, nous étions, comme communauté croyante, interpellés — et à juste titre. Comment se fait‑il que nous soyons choqués par des statues brisées, alors que nous ne nous opposons pas de tout notre cœur à la déportation de celles et ceux qui sont à l’image et à la ressemblance de Dieu ? Ce 26 mars, le Parlement européen a approuvé une réforme du Règlement Retour. Comment comprendre que la plupart des partis européens d’inspiration chrétienne aient soutenu le vote de la directive « retour » ? Où est passée la doctrine sociale de l’Église, l’esprit de Rerum Novarum ?

 

En septembre dernier, nous rencontrions pour la première fois Célestine, venue chanter à House of Compassion avec le chœur du Comité des femmes sans papiers. Le samedi 22 novembre, lors d’une rafle à Matonge, elle avait été emmenée en centre fermé, alors même qu’elle n’était pas en séjour irrégulier puisqu’elle était engagée dans une procédure administrative. Le 5 mars, nous apprenions sa libération : pour notre plus grande joie, elle était à nouveau libre de ses mouvements.

Ce lundi 6 avril à 20h qui est justement pour nous catholiques le lundi de Pâques, il nous a été proposé de célébrer ensemble sa libération. Ce sera une joie partagée et quelque part aussi un message pascal d’espérance, dans le sens profond de la Résurrection — une libération des pouvoirs de mort, de tout ce qui écrase l’être humain et l’empêche de vivre. C’est cela, ressusciter. Et c’est cela que nous allons fêter.

À Amsterdam, les Catholic Workers hissent un drapeau sur leur façade lorsqu’une personne de leur communauté est régularisée, pour dire : « Ici, quelque chose d’important pour la société vient d’advenir. » Eh bien, nous ferons de même ce lundi 6 avril, à l’issue de la conférence Après le Parlement, agir au Conseil : un nouveau cycle de plaidoyer citoyen, que nous co‑organisons avec le MRAX et la Maison du Peuple de l’Europe.

La conférence commence à 18h30 et se prolonge à 20h par un moment de convivialité pour célébrer la libération de Célestine. Plus d’informations 

Vous êtes tous le bienvenu

Pas d’enfants dans la rue. Point !

Pas d’enfants dans la rue. Point !

Chaque nuit, des enfants dorment dans la rue à Bruxelles. La ministre Van Bossuyt affirme : « Ils choisissent eux-mêmes de vivre dans la rue. » Mais ce n’est pas un choix — c’est la conséquence de décisions politiques qui rendent les enfants sans-abri.

BelRefugees, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, la Humanitaire Hub et un large réseau d’organisations tirent la sonnette d’alarme : chaque jour passé dans la rue est un jour de trop. Pourtant, aucune solution ne vient du gouvernement fédéral. Pendant ce temps, des familles cherchent désespérément un endroit pour dormir, tandis que la machine fédérale continue de produire de la précarité. Le silence politique persiste. Des personnes qui avaient auparavant un hébergement sont remises à la rue ; d’autres sont refusées, alors que des places sont bel et bien disponibles.

C’est pourquoi House of Compassion ouvre temporairement ses portes dans l’église du Béguinage — depuis des années un lieu de lutte pour les droits des personnes sans papiers. Trois familles avec de jeunes enfants y sont accueillies, en attendant une place chez des familles d’accueil. Ce n’est pas une solution durable, mais c’est mieux que la rue. Cela offre un peu de sécurité et de répit.

Geneviève Frère, coordinatrice de House of Compassion : « Quand l’Église du Béguinage ouvre ses portes, cela signifie que nous sommes en situation de crise. Cet endroit est hautement symbolique. »

Ce n’est pas un simple acte humanitaire, ni une nouvelle occupation du Béguinage. C’est une action politique et citoyenne, au service de la justice. Nous ne pouvons pas accueillir toutes les familles, mais nous refusons de rester passifs.

Père Daniel Alliet déclare : « Comme nous avons mené il y a quelques années le combat pour : « On n’enferme pas un enfant. Point ! », Nous devons aujourd’hui mener le combat pour : « On ne met pas un enfant à la rue. Point ! » Et c’est pour cela que nous voulons aussi ouvrir notre église un moment ! »

Les familles que nous hébergeons temporairement sont des réfugiés reconnus en Grèce. Là-bas, elles ont été abandonnées par les autorités, dans des conditions d’exclusion organisée. 89 % des réfugiés reconnus en Grèce vivent sous le seuil de pauvreté. Les familles sont reléguées dans des camps précaires, souvent sans eau courante, sans électricité ni intimité. Les enfants n’ont pas accès à l’éducation ni aux soins de santé. L’attente des documents nécessaires pour pouvoir travailler y est interminable. Ce n’est pas une vie, mais une impasse.

C’est pourquoi elles sont venues en Belgique, à la recherche d’un accueil digne. Mais ici aussi, Fedasil leur refuse un hébergement, sous prétexte qu’elles bénéficieraient déjà d’une protection en Grèce. Cette soi-disant protection n’existe que sur le papier. En réalité, les familles sont contraintes de choisir entre dormir dans la rue à Athènes ou dormir dans la rue à Bruxelles. Ce n’est pas un choix. C’est une violence institutionnelle.

En ne les accueillant pas, la Belgique participe à la même logique d’exclusion. Ce sont des choix politiques — en Grèce et en Belgique — qui rendent les enfants sans-abri.

Begin The Beguine

Vernissage mercredi 1er octobre 17:00 – 20:00

Exposition mer. 01 octobre — dim. 26 octobre 2025 (pendant les heures d’ouverture de House of Compassion)

House of Compassion Bruxelles, Place du Béguinage, 1000 Bruxelles

L’artiste Aroa Chao développe une exploration approfondie de l’histoire des béguines dans la Maison de la Compassion, un ancien béguinage à Bruxelles.

Les béguines se sont constituées contre la logique de l’esprit du temps médiéval et ecclésiastique, avec sa machinerie de l’ordre du discours, contre toute normativité réglementaire des formes sociales et ses dispositifs d’assujettissement. Ils ont érigé leurs mystérieux béguinages, authentiques microsociétés, comme de brèves oasis dans le cours de l’histoire. Dans le cadre d’Europalia, Begin The Beguine explore la figure des béguines à travers différentes stratégies d’exposition : production de textes, actions, installation (textile – vidéo-objectuelle – sonore) et création musicale. A partir d’une méthodologie patrimoniale, et au-delà, elle retrace les liens que les Béguines parviennent à tisser entre les deux pays. Lors du vernissage, le compositeur de la pièce musicale originale sur le mystère du béguinage, le violoniste Sergio Bolaños, donnera une performance en direct, accompagnée de la projection de l’art vidéo réalisé par Aroa Chao.

Aroa Chao

Aroa Chao est une artiste et costumière espagnole basée à Bruxelles et à Madrid. En plus de gérer son propre espace de mode vintage en ligne, elle combine son travail créatif avec la diffusion de ses études en anthropologie sociale et culturelle. Depuis 2022, Aroa Chao développe la recherche “Mulieres Ardentes”. Depuis son arrivée à Bruxelles, elle a exploré la richesse historique et culturelle de la Belgique, en faisant un pèlerinage à travers les Béguinages et en se concentrant sur l’héritage de la culture des Béguines dans le pays. En mettant l’accent sur la responsabilité sociale, son travail en tant que designer et artiste récupère l’importance de l’histoire dans les vêtements contemporains.

Concert solidaire

Quand : vendredi 19 septembre à 20h
Où : House of Compassion

Pour la première fois à Bruxelles, Juicy se réinvente en duo piano acoustique dans le cadre exceptionnel de l’église du Béguinage.
Billets : Pay What You Can – Donnez ce que vous pouvez, tout est reversé à House of Compassion qui milite activement pour les droits des personnes sans papiers.

Réservez vos places et faites la différence !

Photos : Juicy

Lundi 14/07: une soirée au HoC – à la veille du sommet européen sur l’accord commercial UE-Israël

📅 Lundi 14 juillet – de 19h à 22h Veillée à House of Compassion – Place du Béguinage, 1000 Bruxelles Avec la présence exceptionnelle de Lynn Boylan, députée européenne (Sinn Féin), présidente de la Chair of the European Parliament’s Delegation for Relations with Palestine (DPAL), engagée pour la suspension de l’accord UE-Israël.
🕯️ Rejoignez-nous autour de Sabine, la Géante de la Dignité, dans son combat pour les valeurs fondamentales de l’article 2 du Traité européen.
📅 Mardi 15 juillet – à partir de 12h30 Manifestation devant le SEAE – Rue de la Loi 234 Des militant·e·s venu·e·s de toute l’Europe se rassembleront pour exiger la fin de l’accord commercial UE-Israël — et interpeller les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE pour qu’ils prennent la bonne décision.

Voici le lien si vous souhaitez nous rejoindre en ligne

https://meet.jit.si/SanctionsCuttiesEndcollaborationStopGenocide

Projection du film “Gaza: Doctors Under Attack”

🎬  Ce dimanche soir à la House of Compassion 📍 Organisé par le collectif Palestinian Refugees for Dignity. Rejoignez-nous ce dimanche 6 juillet à 19h à la House of Compassion (Bruxelles) pour une projection du documentaire “Gaza: Doctors Under Attack”. 🎟️ L’entrée est libre.