Une marée humaine

Parce qu’aucune vie ne peut être vaine ou oubliée

À l’occasion de la Toussaint, nous vous invitons à un temps de mémoire et d’engagement pour celles et ceux dont le nom risque de disparaître.

Cet été encore à Ceuta, cet automne à Calais, les naufrages se sont succédé. Des femmes, des hommes et des enfants ont perdu la vie ou ont disparu lors de leur traversée. Victimes du régime des frontières, ils rejoignent la longue liste des personnes dont la mort demeure souvent anonyme, réduite à une statistique.

À House of Compassion, nous gardons la mémoire du « noyé inconnu », symbolisée par un cercueil qui nous accompagne depuis plusieurs années. Cette année, un signe supplémentaire viendra rejoindre ce lieu de recueillement : une croix réalisée dans le bois d’une embarcation de migrants ayant fait naufrage au large de Lampedusa. Cette croix sera accueillie lors de la célébration de la Toussaint le 1er novembre à 10h, par le père Walbert, capucin, de la Spiritualité de la Paix, et déposée auprès du cercueil du noyé inconnu du 1er au 7 novembre.

Le 7 novembre de 11h à 14h, nous vous invitons à la projection du film Ceux qui veillent [Prévoir un lien vers le site pour plus d’information] sur les descendants de migrants de différentes convictions religieuses venus rendre visite à leurs défunts au cimetière multiconfessionnel de Bruxelles. Après un repas solidaire partagé, nous rejoindrons ensuite ensemble, vers 15h30, l’église du Finistère, où la Paulusgemeenschap ira dans la rue, à City 2, avec une barque pour l’action « Une marée humaine ».

Les passants seront invités à déposer dans le bateau le nom d’une personne décédée ou disparue : une personne morte aux frontières, une personne décédée dans la rue, un proche disparu, mais aussi un peuple meurtri ou une forêt brûlée. Nous y apporterons depuis House of Compassion la croix de Lampedusa. Les noms des morts de la rue et des personnes décédées ou disparues aux frontières y seront lus publiquement. Parce que dire un nom dans l’espace public, c’est permettre à une personne d’exister encore parmi nous et de trouver enfin une place dans l’espace public.

À 16h30, nous rentrerons alors avec le bateau dans l’église où une célébration se tiendra à l’église avec la paulusgemeenschap.

La violence directe ou indirecte du régime des frontières produit des milliers de morts et de disparitions. Cette célébration est un acte de mémoire, mais aussi un appel à la justice qui demande la dignité et la liberté de circulation.